Valparaíso, une ville qui divise
- Isabel
- 9 févr.
- 4 min de lecture

Après quelques jours à Santiago il était temps pour nous de réfléchir à notre prochaine étape. Le couple franco-chilien croisé dans un bus à Santiago nous avait parlé en bien de Valparaíso : beaucoup de culture et beaucoup d'histoire. Mais on avait eu quelques échos comme quoi ce n'était pas une ville safe. Alors que faire ? Après avoir lu quelques retours dire que ça valait vraiment la peine, et puis après s'être rappelé qu'on avait visité des pays jugés pas très safe, on s'est lancés. Et hop nous voilà dans un bus pour Valparaíso.

On pose nos sacs au logement et on reste quelques minutes à profiter de la vue incroyable qui s'ouvre devant nous. Une vue panoramique sur le port de Valparaíso. Certes c'est un port industriel donc ce n'est pas le plus beau du monde, mais les collines de maisons colorées tranchent avec le bleu du ciel et de l'eau.
Après un bon repas au restaurant d'en face (un burger de qualité) on part se balader dans les rues de la ville. Valparaíso est mondialement célèbre pour son street art. Alors c'est le jeu du jour. On monte jusqu'à l'avenue Alemania (et ça monte vraiment) et déjà on peut admirer plein d'œuvres. C'est coloré et la vue sur la baie est toujours aussi belle ! On marche comme ça jusqu'à l'une des maisons de Pablo Neruda (c'est la deuxième pour nous car nous avions déjà vu celle de Santiago). Ici on peut rentrer dans le jardin gratuitement. La terrasse offre une vue imprenable sur la ville, constituée d'une multitude de collines habitées.
Puis on redescend vers un parc, ancienne prison de Valparaíso. Aujourd'hui c'est un espace public et culturel. Sincèrement, on ne trouve pas ça incroyable mais c'est un lieu important pour la ville. Au moment de repartir on tombe sur une représentation musicale et dansée dans le parc, confirmant le côté vibrant de Valparaíso.
Après une bonne balade on rentre se poser. La terrasse est un endroit idéal pour dîner avec le coucher de soleil sur la baie. C'est devant le ciel teinté de rose qu'on goûte nos premières bières Patagonia, et on adhère complètement !

Le lendemain, on prend le tram pour rejoindre la Caleta Portales, où les pêcheurs vendent les poissons fraîchement attrapés. L'atmosphère de l'endroit est à vivre, l'odeur est forte et on peut y trouver toute sorte de produits de la mer. Mais, pour nous, c'est surtout l'endroit pour voir les animaux. En effet, oiseaux et loups de mer (c'est comme ça qu'ils appellent les phoques ici) y sont en surnombre pour récupérer les morceaux que veulent bien leur jeter les pêcheurs. Parfois les mouettes n'attendent même pas et viennent se servir sur les étals.
L'après-midi on rejoint un tour guidé en français. Pendant 3h, on apprend l'histoire de Valparaíso, à reconnaître certains artistes à travers leur style, on prend aussi l'ascensor. Ces funiculaires sont partout dans la ville pour éviter de trop s'user les genoux dans les escaliers pour passer d'un quartier à un autre. Le trajet coûte seulement 10 centimes ! On a aussi droit à une dégustation de pisco sour, le cocktail typique que se disputent le Pérou et le Chili (bon il paraît que des découvertes récentes prouveraient la paternité du Pérou mais on va éviter de froisser les Chiliens...).
Concernant l'histoire, Valparaíso a été un port historique de l'empire colonial espagnol. C'est aussi ici qu'ont grandi Allende et Pinochet, ce dernier ayant renversé le gouvernement du premier lors d'un coup d'État. L'un socialiste (Allende), l'autre militaire et dictateur. Après cette visite très enrichissante, on se pose manger une glace avec quelques Français du groupe. Toujours le classique Maracuyá/dulce de leche pour moi. Toujours aussi délicieuses et crémeuses !
Pour notre dernière matinée à Valparaíso on continue de déambuler dans ses rues. On reste dans notre quartier cette fois. On aurait bien aimé faire le centre historique, là où a été fondée la ville par les colons espagnols, mais on nous a fortement déconseillé d'y aller. Car si Valparaíso est passionnante, elle est aussi une ville qui a beaucoup d'insécurité. On l'a ressenti dans la partie basse de la ville et, plus on s'enfonce dans le centre historique, plus c'est le cas apparemment. Il faut savoir que Valparaíso était une ville très riche, étant un port stratégique au niveau mondial. Mais la création du canal de Panama a attiré tous les gens qui avaient beaucoup d'argent et une grande partie de la population de Valparaíso s'est retrouvée sans emploi.
Bref, pas de centre historique pour nous mais encore des œuvres de street art. D'ailleurs on s'amuse à reconnaître la marque de certains d'entre eux, grâce à nos connaissances acquises pendant le tour. Et c'est ainsi que s'achève notre expérience à Valparaíso. On a chacun un avis très différent sur cette ville et je suppose que c'est aussi ce qui la rend spéciale. On quitte Valparaíso après avoir exploré nos différentes options de bus pour la suite du voyage. Pour nous c'est direction Pucón avec une escale à Santiago.










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