top of page
  • Instagram

S'immerger encore un peu plus dans la culture locale au costumbrista de Cochrane

  • kevinbessiere
  • 30 mars
  • 5 min de lecture
ree

L'avantage des longs voyages, c'est qu'on peut être flexible sur les dates, pour essayer d'être au bon endroit au bon moment. C'est ce qu'il s'est passé pour le Costumbrista, une fête traditionnelle de village, de Cochrane. En plus des célébrations, c'était l'occasion de retrouver une copine de la fac, huit ans après.

Devant la difficulté de trouver un logement pas trop cher, on opte pour la solution camping. On en avait déjà testé un dans le village, un peu mieux que celui dans lequel on s'installe, mais plus loin du lieu du Costumbrista. Donc on reste sur place. Dès le matin, on se rend au point de départ du défilé des pionniers, rappelant l'arrivée des premiers hommes dans cette zone éloignée et peu hospitalière, dans les années 50.



C'est amusant de voir les Chiliens vouloir absolument se saluer d'une bise, même en étant sur leur cheval. On sent une vraie effervescence, les gens sont contents d'être là, de se retrouver pour cet événement. Une fois le cortège parti, tant bien que mal à l'image de ce gamin pris de panique sur son cheval, on se rend sur la place du village pour voir passer le défilé. Certains portent de belles tenues d'époque, d'autres ont fait un peu moins d'efforts...

Après un rapide déjeuner au camping, on arrive sur le lieu des célébrations. On retrouve Laura et son copain, qui viennent de manger un asado. Nous, on trouve un très bon petit jus de framboise, fruit typique de cette fête. Puis on assiste à l'inauguration du week-end. En France, le maire de la commune coupe un petit ruban bleu-blanc-rouge et donne un petit discours. Ici, il coupe un morceau de viande et en distribue au public. Les festivités peuvent commencer.


ree

D'un côté, on peut voir un jeu traditionnel que les Chiliens adorent mais qu'on n'a pas trop compris. Ils doivent lancer une espèce de fer à cheval dans ce qui ressemble à du fumier dans lequel il doit se planter. On préfèrera se détourner de ce jeu pour assister à la tonte traditionnelle des moutons. Un procédé assez violent pour l'animal, auquel on attache trois pattes et où on le tourne dans tous les sens pour atteindre toutes les zones. Avec des ciseaux de tonte, les bergers sont d'une impressionnante précision, avec une rapidité éclair.

Après quelques moutons, on prend la direction du camping voisin pour découvrir le 4x4 cellule de Laura et Alexis. Ils l'ont fait aménager en France et sont partis pour un long voyage, avec l'objectif de faire la Panaméricaine, de la Patagonie à l'Alaska. Ils nous expliquent tous les aménagements qu'ils ont pu faire, toutes les petits coins secrets de leur nouvelle maison ambulante, ça laisse songeur.



On repart ensuite au Costumbrista, où la fête bat son plein. On s'attendait à voir du rodéo, autant dire qu'on a été déçus. L'activité est réservée aux enfants, qu'on met sur le dos d'un mouton qui n'a jamais demandé à être là. Et l'objectif est de rester le plus longtemps possible sur son dos. Vu la vitesse à laquelle il part, les petits ne tiennent pas plus de quelques secondes. La partie la plus amusante reste le moment où il faut rattraper le mouton, où une demi-douzaine d'adultes tente le coup avec leur lasso au travers duquel l'animal passe sans problème. Même si, une des rares fois où il se fait attraper, la scène est impressionnante avec une chute de tout son long. Quand on pense que c'est fini, des veaux entrent en scène, nous faisant encore profiter de la médiocrité au lasso des membres... du club de rodéo et lasso. On profite du "spectacle" en mangeant des empanadas, le dîner du soir, heureusement bien meilleures que ce à quoi on assiste.

La suite se montre un peu plus intéressante. Même si on peut regretter l'absence d'un vrai groupe de musique, plusieurs danseurs se succèdent sur la piste. Deux enfants ouvrent le bal mais ils maîtrisent déjà à merveille les pas. Suivent plusieurs couples plus âgés, pour une compétition. Les vainqueurs ne font d'ailleurs pas l'unanimité dans le public français féminin du jour. La soirée se termine en beauté avec des groupes de musique chiliens. Dont le plus marquant, los Bravos de Chile, qui aura eu le don d'animer la foule. Si le style nous semble très caricatural, il plaît aux gens autour de nous, et c'est bien là le principal. Après quelques chansons, on décide de rentrer au camping. On peut même profiter de leur musique depuis notre tente. Mais on arrive quand même à trouver le sommeil pour reprendre des forces pour le lendemain.

Un lendemain qui s'annonce chargé. Il commence par une visite express du musée de la ville, qui retrace l'histoire des premiers hommes sur place, puis l'arrivée des colons, seulement une soixantaine d'années auparavant. Puis, on retourne au camp du Costumbrista, profitant du peu de monde pour faire le tour des stands plus ou moins artisanaux. Isabel craque sur des calebasses, ces tasses pour boire du maté, et des bombillas, les petites pailles. On se met alors en quête de notre déjeuner du jour. On opte pour des albondigas, des boulettes de viande, toujours une valeur sûre. Tellement qu'il n'en restait plus assez pour Laura et son copain. On la complète avec un barro luco, une sorte de sandwich avec du biftek, une spécialité locale. On prend alors la direction du champ de rodéo (pour de bon cette fois), avec une bière Dolbek au maqui, une petite baie noire locale, la bonne découverte de la veille.



On comprend assez vite que la partie rodéo va durer longtemps, puisqu'il s'agit d'un concours. Exit les enfants et leurs moutons, place aux chevaux. On est assez frappé par la violence avec laquelle ils sont traités. Les yeux bandés, fouettés pour faire en sorte de donner du spectacle. Mais le public autour de nous semble tellement apprécier ce qu'il voit que c'est compliqué de se révolter ou de critiquer ce qu'il se passe. Cela ne nous empêche pas de nous satisfaire des quelques chutes provoquées par les chevaux qui se cabrent, entraînant l'arrivée du véhicule d'ambulance. Toute cette partie est longue mais on reste jusqu'au bout, bien aidés par quelques bières et des empanadas.

Car, après le rodéo, vient le dernier repas du Costumbrista. On commence par la plus grande "torta frita" de Patagonie. Tellement bon qu'on se succède pour en récupérer des petits morceaux chacun notre tour. On galère un peu à trouver un dîner, les stands sont quasiment à sec après tout un week-end de fête. Fin de la fête mais pas des retrouvailles car on va se retrouver dès le lendemain avec Laura et Alexis pour faire un bout de chemin ensemble.

 
 
 

Commentaires


bottom of page