On prend la température du Chili à Santiago
- Isabel
- 3 févr.
- 5 min de lecture

Reprendre le voyage c'est particulier. On a tous les souvenirs très forts du précédent. On se rappelle aussi surtout la fatigue à toujours chercher où on va dormir, ce qu'on va manger, comment réussir à se rendre à notre prochaine destination. Alors c'est dans un état d'esprit particulier qu'on atterrit à Santiago.
Et déjà les petites galères reprennent. Trouver où laisser nos sacs le temps de visiter la ville (car on n'a pas accès à notre logement et il est 9h lorsqu'on atterrit). Trouver comment rejoindre la ville sans payer un taxi hors de prix. Et savoir, qu'une fois passées les portes de l'aéroport, on n'aura pas d'accès à internet.
On trouve un garde bagage en centre-ville et on fait la queue pour monter dans le bus. C'est à ce moment qu'on sympathise avec un couple franco-chilien. Ils ont l'air d'avoir vécu tout un tas d'aventures dans leurs vies eux aussi et on se dit qu'on essaiera de se recroiser lors de notre périple plus au sud (ils rendent visite à de la famille).

Arrivés en centre ville et une fois les sacs déposés, on décide de goûter nos premiers italianos et completos, véritables icônes de la street-food chilienne (on en verra à tous les coins de rue). Le concept est simple : des hot-dogs mais avec de l'avocat et de la tomate. Évidemment ça ne vaut pas un pad thaï mais ça se mange bien. Une fois repus on rentre dans la cathédrale métropolitaine et on tombe... en pleine messe ! Gênés, on s'apprête à faire demi-tour mais on remarque que la sécurité laisse rentrer les touristes. Alors, toujours gênés, on la visite quand même. Comme beaucoup de cathédrales, elle est imposante et magnifique. Mais le ton impérieux du religieux proférant la messe rajoute une autre dimension à notre visite.
On passe ensuite au musée d'histoire nationale, histoire d'appréhender un peu mieux ce pays dans lequel on va passer plusieurs semaines. Il débute à l'époque où le Chili est déjà colonisé et se termine avec le coup d'État. On y découvre les figures emblématiques de l'indépendance (dont O'Higgins qui donne son nom à toutes les avenues du pays) ainsi que l'économie du pays. Normalement la dernière pièce exposée sont les lunettes cassées du président Salvador Allende (qui se suicide lors du coup d'État) mais elles n'y sont pas lors de notre visite. On a quand même droit à une vidéo de l'objet et ça serre le cœur.

On sort du musée avec une mission : trouver une carte sim. On avait lu qu'Entel avait une meilleure couverture en Patagonie mais après quelques recherches Claro nous semble plutôt pas mal. Alors, on cherche un Claro pour comparer les prix à ceux d'Entel qu'on connait déjà. On rentre dans une boutique, demande une carte prépayée à un conseiller. Première surprise, il nous raccompagne à la porte et nous indique un kiosque un peu plus loin où demander "Jessica". La fameuse Jessy nous explique que Claro dans le sud du Chili, c'est à jeter (pour rester polis). Un peu surpris par le fait qu'une personne conseillée par Claro nous dise de ne pas en acheter, on décide de lui faire confiance et on prend notre carte sim Entel. On croise les doigts pour la suite...
Pour une première journée avec la fatigue accumulée de notre long voyage, c'est déjà pas mal ! Il est l'heure pour nous de poser nos sacs au logement. On nous ouvre la porte et là, surprise ! On est assaillis par une vague de petits chiots qui ressemblent à de véritables peluches. On va donc partager notre quotidien avec cinq chiots, deux chiens et un chat.
Après s'être posés quelques heures, on marche jusqu'à un restaurant recommandé par notre hôtesse. On passe devant, grosse ambiance ! Le restaurant est rempli à craquer, ça parle fort, ça rie et la musique latino vient envelopper le tout. On teste une chorrillana (de la viande, des oignons et des frites recouvertes d'un oeuf au plat) et une empanada. La viande de la chorrillana est tendre et donne bon goût aux frites. En revanche on est un peu déçus par l'empanada, qui me paraît sèche et avec peu de goût. Pas grave, on aura le temps d'en goûter d'autres, c'est sûr !

Le lendemain, notre premier réveil est matinal, décalage horaire oblige. Tant mieux car une journée chargée nous attend. Première étape : monter tout en haut du Cerro San Cristóbal. On peut le faire en téléphérique mais, vous nous connaissez, on prend l'option à pied ! Alors c'est parti pour 40 minutes non stop de montée jusqu'à la Vierge qui surplombe la ville. Finalement, on s'en sort plutôt bien et la vue sur la cordillère n'est pas mal du tout !
Après être redescendus on marche jusqu'à l'une des résidences de Pablo Neruda, homme politique et poète, prix Nobel de littérature en 1971. Le coût de la visite n'est pas exagéré pour entrer dans cette résidence nommée la Chascona, mais on préfère les garder pour autre chose. Alors on se remet en route pour nos premières courses (car le coût de la vie est trop cher pour manger tout le temps au restaurant). Ce qu'on retient pour le moment c'est que le rayon fruits et légumes est vraiment très petit.
Après avoir mangé une salade de crudités passable (leurs tomates ne sont vraiment pas folles) on reprend nos visites. Et cette fois, au programme, c'est le musée de la mémoire et des droits de l'Homme. Là-bas, on en apprend davantage sur le coup d'État de Pinochet, sur sa dictature (les tortures, las assassinats et les disparitions) mais aussi sur comment le pays a réussi à le faire sortir démocratiquement. On découvre aussi l'important exode chilien dans le monde entier. C'est émouvant, ça tord le ventre mais c'est important. Pour comprendre mieux le pays (la fin de la dictature ne date que de 1990) et pour apprendre du passé.

Pour notre dernier jour à Santiago je me lève tôt (de toute façon il y a toujours ce satané décalage horaire) pour aller courir. C'est quand même classe de se dire qu'on a couru dans le parc du palais des beaux-arts de la capitale chilienne. Et, l'après midi, on prend la direction de Londres 38, un bâtiment qui a servi de centre de détention et de torture dans les années 70. De nombreuses personnes ont disparu suite à leur passage à Londres 38, une majorité de jeunes de moins de 30 ans (certains étaient mineurs) dont deux femmes enceintes.
Devant le bâtiment des pavés portent leurs noms et leurs âges. Lorsqu'on passe d'une pièce à l'autre on ressent la dureté et l'horreur suinter des murs. De nombreuses personnes se sont battues après la dictature pour que ce bâtiment soit ouvert au public et en faire un lieu de mémoire. Et on conseille à tous ceux qui passeront par Santiago de s'y arrêter.
En sortant de là, on a pris la direction du Cerro Santa Lucía pour s'aérer l'esprit. Le marché d'artisanat des autochtones est décevant, on a l'impression que tout vient du Pérou. Mais le Cerro en lui même est très agréable, il fait un peu office de poumon vert dans la ville.
Avant de rentrer pour notre dernière nuit à Santiago on s'arrête manger une glace. Pour moi ce sera le classique Dulce de leche (un caramel à base de lait concentré) et Maracuyá (fruit de la passion). Pour Kevin Maracuyá/Vanille. Succulentes !! Crémeuses et pleines de goût. Histoire de finir la tête pleine d'informations et l'estomac plein de délices.








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