Nos coups de cœur sur les boucles de Salta
- Kevin et Isabel
- 25 avr.
- 6 min de lecture

Du sud au nord, on aura traversé presque toute l'Argentine. Pour arriver jusqu'à Salta, un immanquable du pays. La ville est connue pour ce que les touristes appellent les boucles, au nord et au sud de la ville, permettant d'apprécier de nombreux paysages divers et variés mais aussi d'en savoir un peu plus sur l'histoire du pays. Avec un couple de français rencontrés plusieurs semaines auparavant, au Chili, on a loué une voiture pour partir à la découverte des fameuses boucles de Salta.
Les églises colorées de Salta
De la cathédrale à Nuestra Señora de la viña en passant par la basilique, Salta nous en a fait voir de toutes les couleurs. Après les églises en bois de Chiloé ou encore la cathédrale de Santiago, c'est presque comme une bouffée d'air frais de se trouver devant ces temples colorés. Du rose, du rouge, du bleu. De style baroque néo-colonial, l'intérieur est paré d'or et de peintures si fines qu'on dirait de la dentelle. Un délice pour les yeux ! Mention spéciale pour la cathédrale où repose un des héros de l'indépendance argentine : Guëmes.
Les enfants du Llullaillaco
Dans la ville de Salta, le musée d'archéologie de haute montagne propose de partir à la découverte des enfants du Llullaillaco. Ils ont été sacrifiés lors d'un rituel religieux inca et ont été découverts, intacts, en 1999. Le musée explique tout le processus suivi par ces enfants, âgés entre 6 et 15 ans, avant d'arriver au sommet du volcan de Llullaillaco, à plus de 6700 m d'altitude. A la fin de la visite, on peut apprécier l'état de conservation d'une de ces "momies". On a aussi une vue sur le laboratoire où travaillent les scientifiques et font en sorte de protéger au mieux les corps.
Quebrada de las conchas
Après avoir passé une demi-journée sur la route, pour notre premier jour avec la voiture de location, on entre enfin dans le vif du sujet avec la Quebrada de las conchas. Les routes sinueuses, les montagnes ocres et de multiples arrêts pour en profiter. Sur la route vers Cafayate, on s'arrête à la Garganta del Diablo puis à l'Anfiteatro. Un peu plus loin, le mirador de las Tres cruces donne un joli panorama sur la vallée. Et sur ce qu'il reste à parcourir, pour apprécier el Fraile ou los Castillos. On peut même laisser la voiture le temps d'une petite balade d'une trentaine de minutes, pour aller profiter des couleurs données par les minéraux aux différentes collines environnantes. Une première claque sur les boucles de Salta.
Quebrada de las flechas

Êtes vous déjà allé sur la Lune ? Non ? Nous non plus mais après avoir traversé la Quebrada de las Flechas, on pourrait presque dire que oui. Pour notre deuxième jour, après une longue portion de route désertique depuis Cafayate on aperçoit de hautes formations rocheuses blanches qui déchiquètent l'horizon. On s'arrête sur le bord de la route pour prendre un peu de hauteur et admirer cette Quebrada. Au milieu des éperons rocheux serpente la route de gravier, blanche également. En voiture les passages se font presque étroits et on se sent tout petit entre les parois rocheuses.
Parque de los cardones
En quittant Cachi le troisième jour, on arrive vite dans le parque de los Cardones. Imaginez, un énorme champ, avec des cactus à perte de vue. Vous voilà sur la route principale de ce parc national. On peut même prendre un peu de hauteur pour mieux les apprécier. La route mène vers la cuesta del Obispo, où on peut y apprécier les nombreux lacets qui nous attendent pour revenir vers Salta. Une route incroyable, où on enchaîne différents types de paysages, avec à peine le temps d'en savourer un qu'un deuxième se profile.
Le premier drapeau argentin
Petite halte à San Salvador de Jujuy pour notre quatrième jour, sur la route vers le nord, et son palais du gouvernement. A l'étage, attend une guide pour conter l'histoire du premier drapeau argentin, créé par le général Belgrano. Il a été offert pour remercier le peuple local de son aide durant la guerre d'indépendance de ce qui allait devenir l'Argentine, notamment lors de la bataille de Salta. Le drapeau est précieusement conservé dans la capitale de la province de Jujuy, qui a remporté sa bataille contre Buenos Aires, qui espérait le rapatrier.
Inca Cueva et son oasis

Les paysages de la boucle nord sont très différents de ceux du sud. C'est très sec, ocre et montagneux. Notre loueur de voiture nous a conseillé une randonnée jusqu'à la Inca Cueva, située à 3500m d'altitude. Lors du cinquième jour on se met en route, on avance lentement mais on sait que, face au mal des montagnes, si on court on perd toujours. Au début on avance en plein cagnard, dans le lit d'une rivière presque à sec. Après plus d'une heure de marche on arrive sur des formations rocheuses ocres qui nous rappellent des images de l'Utah. Ici s'écoule la petite rivière, sautant de plateaux en plateaux. On continue de la suivre jusqu'à la fameuse Inca Cueva.
Une fois notre salade de riz engloutie, on suit un guide pour découvrir et comprendre l'art rupestre de cette "grotte" (cueva signifie grotte mais c'est plus une paroi à l'air libre qu'une grotte à proprement parler). Les peintures sont la trace des différents peuples ayant vécu dans la région depuis plusieurs milliers d'années. Le mot Inca est ici un adjectif, il se traduit par "suprême", marquant ainsi l'importance du lieu au fil des ans et des civilisations.
Après la visite, notre guide nous suggère de pousser notre randonnée jusqu'à l'oasis et même plus loin si le cœur (et le souffle) nous en dit. On perd un moussaillon dans la bataille (l'altitude a raison d'elle) et c'est donc à trois qu'on se lance en direction de l'oasis, en suivant les explications du guide. Il nous faut peu de temps pour l'atteindre et c'est vrai que l'endroit est très surprenant. Après plus de deux heures de marche dans un environnement désertique, on tombe sur une étendue d'herbe verte et dense telle un gazon de golf.
De là on décide de pousser un peu plus loin pour aller jusqu'à un petit étang. On s'enfonce dans une sorte de canyon et il faut presque escalader pour arriver en haut. Mais quelle jolie récompense ! Un étang faisant office de miroir et une fenêtre taillée naturellement dans la roche offrant une vue sur la Inca Cueva et la vallée. L'effort en valait la peine.
Hornocal

Après avoir pris un peu de hauteur sur la randonnée pour l'Inca Cueva, on décide qu'on n'en a pas eu assez et on se met en route pour l'Hornocal et ses 4350m d'altitude. On le sent un peu passer mais rien de bien méchant. L'autre nom de l'Hornocal c'est la montagne aux 14 couleurs. Après avoir fait celle aux sept couleurs au Pérou (Vinicunca) on se dit "toujours plus". Mais le paysage est très différent, à quelques dizaines de minutes du coucher de soleil.
On décide d'aller voir cette merveille de plus près et on se lance dans la descente un peu raide qui nous rapproche de l'Hornocal. On ne sait pas s'il y en a vraiment 14, mais face à cette succession de couleurs on se dit que la nature nous épatera toujours. La remontée jusqu'au parking permet de conclure la journée sur un challenge physique. Une fois en haut avec le cœur qui fait des bonds, on observe une dernière fois cette merveille naturelle. Avec en bonus une vigogne qui pose presque pour les photos
Salinas Grandes

Si notre sixième jour n'a pas été très palpitant, on termine les boucles de Salta en beauté lors du septième. Direction un salar de 120 km2. Il ne faut pas avoir trop le vertige pour emprunter la route qui y mène, serpentant dans la montagne. Arrivés à 3450m d'altitude, on suit une guide qui nous dirige depuis sa moto. Autour de nous, que du sel. Des étendues blanches et des tranchées d'eau salée qui apparaissent bleues. Elle nous explique les différentes façon d'extraire le sel puis vient l'heure un peu gênante du photoshoot. Les salars sont les endroits parfaits pour jouer avec la perspectives. On repart avec de jolies photos souvenirs de l'endroit et on termine les boucles comme on les a commencées : sur une belle note.




































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