Nos coups de cœur sur l'île de Chiloé
- Kevin et Isabel
- 9 mars
- 4 min de lecture

Un petit tour et puis s'en va. Sur la route vers le sud du Chili, nous avons décidé de passer par l'île de Chiloé, que certains Français comparent à la Bretagne. A nous d'y aller pour en avoir le cœur net. En voiture (en bus, en l'occurence) pour la découvrir !
Les églises en bois
Chiloé doit notamment sa renommée à ses très nombreuses églises en bois. Seize d'entre elles sont classées au patrimoine mondial de l'Unesco mais l'île en compte beaucoup plus. La première église sur notre chemin est celle de Chonchi. Peinte en bleu et jaune, elle semble assez simple, tout comme son intérieur, dont on tombe sous le charme de son plafond bleu étoilé, qu'on peut quand même apprécier. Au contraire de celle de Nercon, fermée le jour de notre passage. Elle est un peu plus impressionnante mais ne vaut pas celle de Castro, une des villes de Chiloé. On prend une petite claque en entrant dans l'édifice, tant le bois est finement travaillé. En voyant ses jours d'ouverture, on a bien cru qu'on ne pourrait pas y entrer. Cela aurait pu nourrir bien des regrets... La dernière église classée de notre programme est celle de Dalcahue. Elle est un peu plus sobre que les autres visitées jusqu'alors. Elle se trouve surtout dans un village réputé pour son marché artisanal, dans lequel on peut apprécier le travail du bois ou de la laine.
Les manchots de Punihuil
Après Castro, nous sommes allés à Ancud, la première ville de l'île quand on arrive du continent. Un lieu de tourisme important pour les Chiliens car il s'agit du dernier lieu de présence espagnole sur tout le continent américain. Le fort que défendaient les royalistes n'est plus qu'un tas de ruines mais il attire quand même beaucoup de monde. Mais la vraie raison du passage à Ancud se trouve à quelques kilomètres de là, non loin de la plage de Punihuil. Les rochers alentours servent de refuge aux manchots de Magellan et Humbolt. Sur la route pour nous y rendre, on s'arrête pour avoir un panorama sur une immense plage. Pour monter dans le bateau, une fois équipés de gilet de sauvetage, on monte sur une espèce de chariot surélevé pour nous approcher le plus possible de notre embarcation sans se mouiller. Astucieux mais très surprenant, nous qui avions prévu maillots de bain et serviettes. Dès les premières minutes, on s'approche d'un premier rocher où se reposent les premiers manchots. Leur présence ici est dû à deux courants, un venant du sud pour ceux de Magellan, l'autre allant vers le nord.

Sur le bateau, un guide nous explique la différence entre ces deux espèces. Mis à part la taille, ceux de Magellan sont plus grands, ils se ressemblent beaucoup, avec notamment une bande noire sur le torse. Malheureusement, on ne tombe pas au meilleur moment pour bien les voir actifs. En plein changement de plumage, ils ne bougent quasiment pas de la journée pour le sécher et ne peuvent donc pas aller dans l'eau. Quelques semaines plus tôt, ils "prenaient" des leçons de natation pour pouvoir prochainement repartir en mer. Mais on a au moins l'impression qu'ils prennent la pose pour nous, tant ils sont immobiles pour ne pas gaspiller d'énergie dans ce moment de leur vie. L'excursion dure une trentaine de minutes, le temps de s'approcher de trois gros rochers où se mêlent les manchots. On aurait aimé voir un gorfou (comme celui de Madagascar) mais il était bien caché, ce jour-là. Dommage, mais ça n'enlève rien à notre expérience.
La cueca
Alors qu'on se baladait sans trop de but dans les rues d'Ancud, on aperçoit des musiciens en train de s'installer sur la place principale de la ville. On se dit "pour une fois qu'on est au bon endroit au bon moment on ne va pas rater ça !". Alors on traine autour de la Plaza de armas.... Et laissez nous vous dire que ça valait le coup ! Les musiciens entament les premières notes, constituant un air sur lequel se danse la Cueca. À l'époque on ne le savait pas mais la cueca est la danse nationale du Chili (elle est aussi dansée dans d'autres pays d'Amérique latine). Et là, coup de chance, on a l'honneur de voir les champions nationaux danser sous nos yeux ! On les trouve beaux dans leurs tenues. Elle si belle avec sa robe bouffante à fleurs. Lui, si élégant sous son chapeau et dans son poncho en laine. Et surtout, ils sont beaux à regarder et de leur symbiose se dégage quelque chose de touchant. La rapidité et la fluidité avec laquelle ils se tournent autour est captivante. Tout le public qui les entoure tape des mains au rythme de la musique. C'est exactement dans des moments comme ça qu'on se sent chanceux de voyager.
Puis on découvre rapidement que plusieurs couples de danseurs sont présents. En fait, on nous annonce que le championnat national de cueca va avoir lieu d'ici peu et que les danseurs nous sont présentés sur cette place. Alors trois par trois, les champions régionaux dansent pour notre plus grand plaisir. Ce qui nous donne le temps d'apprécier les détails de la cueca. On vous partage les ingrédients pour une prestation réussie :
Un mouchoir, toujours ! Souvent cachés, les danseurs finissent par les sortir pour commencer à se charmer.
Un jeu de sourcils impeccable. C'est la que réside la réussite secrète d'une bonne cueca, on en est persuadés. On s'amuse à regarder les jeunes hommes hausser les sourcils plus vite que leur ombre, dans des gestes incitant leur partenaire à céder à leur charme. À l'inverse, les sourcils des demoiselles jouent plutôt au dédain et à faire comprendre qu'il leur en faudra plus que ça pour se laisser conquérir.
Et donc vous l'aurez compris un parfait échange de "je t'aime moi non plus". Ils se tournent autour, s'attirent et se repoussent et captivent l'audience par leur jeu de séduction.
Bref, pour Isabel cette présentation inattendue de cueca et de jeunes champions en la matière constitue son véritable coup de cœur. On vous invite d'ailleurs à regarder quelques prestations en ligne, pour la beauté des danseurs et le jeu de séduction amusant à suivre des yeux.




























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