Des vacances en Uruguay au milieu du voyage
- Isabel
- 5 mai
- 5 min de lecture

L'Uruguay. Les Argentins nous l'ont décrit comme un pays avec un rythme complètement différent du leur. Là bas tout est tranquille, tout est plus simple. Le temps commence à nous manquer mais on se dit que ça vaut quand même le coup d'y faire un petit détour, le temps d'un grand week-end. Histoire d'avoir un peu de tranquillité au milieu du voyage.
Après avoir dîné à la station de bus (une bonne salade de riz préparée par nos soins), on s'assoit à bord du véhicule qui doit nous emmener jusqu'à Montevideo, capitale uruguayenne. Un énième bus de nuit, on finit par avoir l'habitude. Mais celui-ci est un peu différent, on l'apprend rapidement. À notre grande surprise, un membre de la compagnie nous sert le dîner (notre deuxième de la soirée donc) et un verre de Coca. Nous passons également la frontière à 3 heures du matin et ça on n'a pas trop l'habitude non plus. Lorsque nous approchons de Montevideo, on nous sert également le petit déjeuner ! On commence déjà à apprécier l'Uruguay.
C'est donc un peu fatigués mais repus qu'on arrive à 7 heures du matin à Montevideo. On se pose quelques heures dans notre auberge où on croise des Français rencontrés presque 2 mois plus tôt au Chili ! La magie des backpackers ! Ils nous donnent quelques conseils et endroits où manger, on se met en route pour découvrir la capitale.

On commence par longer la Rambla, la plus longue du monde. On est samedi, c'est la fin de l'été et pourtant il fait encore bien chaud. On croise des gens assis face à l'océan, un maté à leur côté. Un peu plus loin, on voit une famille installée dans des chaises de camping, sur les rochers, les pieds dans l'eau. On aperçoit des gens qui pêchent. Des coureurs nous frôlent. Quelques perroquets rajoutent leur touche sonore au tableau. Et sur notre droite et tout du long, les grands immeubles de Montevideo. La ville n'a rien de joli mais on apprécie beaucoup l'ambiance estivale de fin de semaine qui se dégage sur la Rambla.
On se dirige ensuite vers la zone portuaire. On visite rapidement le marché couvert mais rien de très intéressant. Trop touristique. On se promène dans une rue piétonne où se trouvent plusieurs cafés et restaurants. Architecturalement parlant, toujours peu d'intérêt mais on aime l'atmosphère qui s'en dégage. Les gens qui se retrouvent en terrasse, les rires, la musique. Une ambiance décontractée.
Après un burger (car les spécialités locales ressemblent beaucoup avec ce qu'on a déjà goûté en Argentine), on s'enfonce dans le centre historique. Une cathédrale, une porte en pierre (Puerta de la Ciudadela) et surtout l'immense mausolée au Général Artigas, héros de l'indépendance. Ce qui ressemble à une simple (mais immense) statue du général, cache presque bien son jeu. On descend les escaliers qui disparaissent dans son socle et on entre dans une gigantesque pièce souterraine où repose Artigas. Bien entouré de deux gardes en uniforme.
Parfois quand on parle de l'Uruguay à l'étranger, les personnes l'associent à un événement qui a bouleversé le pays : le crash d'avion en 1972. Le vol Fuerza Aerea Uruguaya qui transportait une équipe de rugby et leurs proches s'écrase dans les Andes. Les survivants passent 73 jours à plus de 3600m d'altitude et dans un froid extrême. Sur les 40 passagers, 16 ont survécu. Un musée a ouvert à Montevideo pour rendre hommage aux victimes et au courage des survivants pour tenir aussi longtemps dans des conditions si difficile. C'est un endroit poignant et qu'on recommande vivement ! En sortant de là, on a envie d'en savoir plus en regardant le film Netflix sur le sujet.
On termine notre (longue) promenade par le mirador. Un trajet dans un ascenseur panoramique et nous voilà sur le toit de Montevideo. De là-haut on aperçoit les différents bâtiments importants de la ville. Ce qui nous permet d'apprécier le manque d'intérêt architectural de la capitale...

Cette première journée se termine par une sortie McDonald's. Qui se situe à côté de la fête foraine permanente de la ville. C'est vivant, surtout un samedi soir. Peut-être même un peu trop !
Le lendemain, je commence par une course rapide dans le Parc Rodo C'est très agréable sous les immenses palmiers, le long des canaux et avec l'océan en ligne de mire. On enchaîne ensuite avec la Feria de Tristan Narvaja (un marché), qui se tient tous les dimanches. Il est tout simplement immense. On y aura facilement passé une heure et on n'aura pas tout fait. Il y en a pour tout le monde. Pour les touristes, avec tout un tas de souvenirs, et pour les locaux (des fruits, des jouets, de la viande etc...). Il y a un monde fou, on avance très lentement, ce qui nous laisse le temps de flâner. On craque même pour des tequeños, une spécialité frite à base de fromage qu'on avait goûté en Colombie (mais qui est vénézuélienne).
L'après midi c'est direction la plage. C'est quand même un luxe d'en avoir une en centre-ville. Et d'une capitale qui plus est ! Après une bonne glace, on va toucher du bout des doigts l'eau. Un peu fraîche. N'ayant pas de maillot sur nous, on se contente de longer la plage à pied jusqu'aux grandes lettres de la ville. Sur le trajet retour, on s'arrête regarder la première période d'un match de beach-soccer.
Pour notre troisième journée en Uruguay on décide d'aller voir autre chose. Et c'est seulement après deux heures de bus (c'est si peu comparé aux distances chiliennes ou argentines) qu'on arrive à Colonia del Sacramento. Cette ville est l'une des plus anciennes d'Uruguay. Au cours de son histoire, elle est passée de multiples fois entre les mains des Espagnols et des Portugais qui cherchaient une position stratégique sur le Río de la Plata. Alors son centre historique mêle les deux types d'architectures de ces pays (du XVIIe au XVIIIe siècle).
A Colonia, il n'y a d'ailleurs presque que ce centre à visiter. Alors, on a l'impression d'être dans un village. Un village enchanteur, avec ses vieilles maisons et ses rues pavées où l'herbe tente de se frayer un chemin. J'étais venue ici, il y a 15 ans, avec ma mère. Et jamais je n'aurais cru revoir une fois dans ma vie cet endroit si pittoresque. La vie est pleine de surprises. Le temps d'une après-midi, on se balade dans les ruelles, on regarde d'en bas son phare, on fait le tour des petites boutiques et on profite du joli coucher de soleil sur le Río de la Plata.

Le lendemain matin très tôt on prend notre ferry pour Buenos Aires depuis le port de Colonia. Une douane dans un port, une première pour nous. Alors que le bateau file à toute allure vers l'Argentine (une heure de trajet), je jette un dernier coup d'œil sur le phare de Colonia. Qui sait si je reviendrai.






















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