A Chaiten, on a pris notre revanche sur un volcan
- kevinbessiere
- 13 mars
- 4 min de lecture

Taranaki n'est plus qu'un mauvais souvenir. Partis de Puerto Montt pour une longue journée de bus, entrecoupée de passages en ferry (dont un de plus de trois heures), nous arrivons à Chaiten pour notre première étape sur la Carretera Austral.
Le village porte le même nom que le volcan qui l'a détruit, en 2008. C'est pour aller au niveau de son cratère que, comme beaucoup de voyageurs, on s'y arrête. Avec toujours en tête l'ascension du volcan Taranaki, en Nouvelle-Zélande, qu'on avait dû arrêter à cause des rafales de vent.
Cette fois, la randonnée s'annonce beaucoup plus accessible. On s'y attaque dès le lendemain de notre arrivée sur place. La pluie et les nuages ont laissé place à un grand soleil, nous permettant de découvrir et d'apprécier Chaiten et ses environs, entre mer, montagnes et volcans. On monte dans le bus pour une petite demi-heure en direction du début de la randonnée. Il s'agit d'un des seuls de la journée donc il se remplit vite. En descendant, le chauffeur nous dit qu'un bus doit passer vers 16 heures pour le retour.
On fait partie des premiers à commencer l'ascension. Les premiers kilomètres sont assez tranquilles, avec des petits panneaux explicatifs sur le volcan, le type de roches qu'on peut voir ou la végétation environnante. Plus on avance, plus la forêt est dense, avec quelques passages boueux, la faute à la pluie de la veille. On prend de la hauteur en profitant du paysage. Au loin, on devine l'île de Chiloé, où nous étions il y a peu. On se retrouve alors au pied de la dernière difficulté. Pas de pierrets, comme à Taranaki, mais l'impression d'un mur qui se dresse devant nous. Plus du tout de végétation à l'horizon, juste des troncs d'arbres dépourvus de feuilles. Le chemin reste très bien balisé, avec des cordes pour aider à monter.

Il ne fait heureusement pas encore trop chaud et on s'approche tranquillement du sommet. On commence à apercevoir l'excroissance du volcan, un dôme de lave, produite lors de son éruption de 2008, où il a gagné près de 200 m de hauteur. La récompense est finalement bien là. Le cratère fait plusieurs kilomètres de long et on reste quelques longues minutes à le contempler, en prenant notre déjeuner. La descente est beaucoup plus tranquille, on tente d'encourager les gens qu'on croise, souvent remplis de l'espoir de ne plus être trop loin de l'arrivée.
Nous voilà de retour au point de départ de la randonnée, avec deux heures à attendre le passage du bus. On est très nombreux sur place, certains tentent le stop sans trop y croire. On se met surtout en quête d'ombre pour patienter. Des Français qu'on avait croisés dans l'ascension montent dans une voiture, on essaie de se joindre à eux mais le prix qu'ils ont payé pour cette navette nous refroidit immédiatement. Mais, quand le bus passe devant nous en faisant signe qu'il est plein, on regrette un peu. Après plus de deux heures d'attente, on doit trouver un moyen de rentrer ou on devra marcher pendant plus de 20 kilomètres. Certaines personnes, arrivées bien après nous, arrivent à se faire prendre en stop, s'étant placées avant nous sur la route, ce qui a le don de nous agacer. Sachant que la seule route allant vers le village de Chaiten arrive en fait d'un port, où les voitures descendent du ferry. Il y en a donc assez peu, et toutes regroupées.
On commence à guetter les randonneurs qui rejoignent leur voiture pour leur demander s'ils peuvent nous ramener. Une maman avec sa fille me dit que la voiture est pleine, avec son mari et ses deux enfants qui arrivent. Cinq minutes plus tard, elle revient nous voir en nous disant qu'ils vont se débrouiller et qu'on peut se serrer. Un ouf de soulagement, même si elle nous prévient qu'elle ne nous laissera qu'à un kilomètre du village. Ça en fait toujours moins que là où on est à ce moment-là ! Isabel fait la discussion dans la voiture, on apprend que c'est une famille de Santiago venue en vacances. Le temps passe vite et nos sauveurs du jour nous déposent finalement dans le centre de Chaiten. Sur le chemin vers notre logement, on retrouve le couple de Français et on s'arrête pour boire un coup avec eux. Avant d'aller manger un excellent burger, où on avait voulu aller la veille, sans succès.
Pour notre dernière matinée sur place, on décide d'aller voir le musée dédié à l'éruption du volcan. Alors qu'il était censé ouvrir à 9 heures, on le trouve fermé à notre arrivée. On fait le tour des environs, où des maisons ont été laissées en l'état, après les nuages de cendres et les inondations qui ont suivies. Le musée ouvre finalement ses portes et on se retrouve embarqués dans une visite guidée avec un groupe de Chiliens. On doit s'éclipser en plein milieu pour aller récupérer nos sacs et prendre notre bus vers la suite.


















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